Forçat de l'amour


Une silhouette, recroquevillée, tête renversée,
Au visage que seul le malheur a ainsi put graver,
Observe une petite lucarne de barreaux entravées,
Que seuls quelques rayons parviennent à traverser.

La lumière, timidement, sur son corps se pose,
Eclairant cet homme dont le seul espoir repose,
Sur l'improbable et éphémère apparition,
De l'être qui anime son cœur de tant de passion.

Pourtant, s'il a par le passé déjà put l'entrevoir,
Elle s'en est allée sans jamais daigner le voir,
Demeurant sourde aux multiples louanges ,
Qu'il lui adresse depuis sa prison de fange.

A ses souvenirs que le temps jamais ne lave,
Il demeure enchaîné, de son amour l'esclave,
Toute lueur d'espoir, de ses yeux, s'étant éteinte,
De la mort seule il attend la dernière étreinte.

Les yeux las, plongés dans son unique lecture,
Tirant de sa mémoire l'unique nourriture,
Qui seule peut apaiser cette faim qui le torture,
Il admire ce nom tracé dans la pourriture.

De ses larmes pour seule encre, de son doigt il retrace,
Une à une ces lettres, de son amour la dernière trace ...
Puis, peu à peu, chacune de ses larmes se cristallisent,
Illuminant ainsi ton nom de mille diamants, "Elise".