Le Bon, Gustave (1841-1931). Médecin et sociologue français, né à Nogent-le-Rotrou. Pionner de la sociologie, il était partisan d'une interprétation des comportements collectifs par une juxtaposition de psychologies individuelles (La Psycologie de foules, 1895 ; Psycologie des temps nouveaux, 1920).

Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.

 

Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde.

 

Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent.

 

L'amitié est plus souvent une porte de sortie qu'une porte d'entrée de l'amour.

 

L'amour craint le doute, cependant il grandit par le doute et périt souvent de la certitude.

 

La compétence sans autorité est aussi impuissante que l'autorité sans compétence.

 

La libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance, qui dispense de la fatigue de penser.

 

Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule, mais d'élever la foule vers l'élite.

 

Les gens vertueux se vengent souvent des contraintes qu'ils s'imposent par l'ennui qu'ils inspirent.

 

Les révolutions n'ont généralement pour résultat immédiat qu'un déplacement de servitude.

 

Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes.

 

Si l'athéisme se propageait, il deviendrait une religion aussi intolérable que les anciennes.

 

Un délit généralisé devient bientôt un droit.